Yves Alcaïs

Internités

Yves ALCAIS : Un chercheur de passages

 

Globalement articulée en deux phases complémentaires, ce qui retient, d’emblée, dans la peinture d’Yves ALCAIS, c’est son unité, l’adéquation entre l’esprit et la matière, incarnés au départ par des surfaces ourlées de couleurs pures, induisant parfois l’idée de paysage, et bornées par des bandes horizontales, mais fondées avant tout sur un sentiment méditatif exempt de rapport direct au monde visible.

 

Puis, passant graduellement du dépouillement au foisonnement, et dans cette nouvelle appropriation spatiale on constate le pouvoir de fascination exercé par l’écrit sur certains artistes, ALCAIS dévide maintenant les variations d’un alphabet idéographique, sinon cryptographique, où son imaginaire travaille au diapason de ses fibres sensitives.

 

Par conséquent, après des années de maturation, si son œuvre a conservé en amont et en aval ses rubans monochromes stabilisateurs, le champ intermédiaire s’est désormais constellé d’une myriade de signes, de tirets ou de tâches en cascade, mais harmonieusement distribués à la manière d’un tressage interactif, où la transhumance du regard pourrait nous entraîner hors de ses marges, si elle n’était volontairement canalisée dans sa course par une pensée qui en commande le sens.

 

Toutefois, ces écritures en apesanteur savamment ramifiées, n’ont aucune parenté avec l’art mauresque ou les calligraphies orientales. Elles ne répondent qu’à elles-mêmes, en jouant de leurs seules tensions, de leurs écarts ou de leurs resserrements confidentielles ou martelées, transparentes ou sonores, ces partitions mouchetées ou criblées de signes discontinus, généralement inscrites sur des fonds clairs, développent conjointement un processus d’apparition/effacement du signe, où ne subsiste que la trace, c’est-à-dire, plus que son empreinte : son concept.

 

Néanmoins, dans cet au-delà de l’ordre visuel convenu, ALCAIS délivre essentiellement ce qu’il porte en lui depuis toujours, et stimule sa quête d’absolu. Et cette quête d’absolu s’apparie à la recherche du passage, en communiant avec Montaigne, qui écrivait : « Je ne cherche pas l’être, mais le passage de l’être ». Là se tient à la fois l’ambiguïté et l’unité d’un tel parcours.

 

 

Gérard Xuriguera

Exposition

25.04 - 25.05.2003

Maison des Arts

11 rue de Bagneux

92320 Châtillon

01 40 84 97 11

maisondesarts@chatillon92.fr

Ouvert du mardi au dimanche de 14h à 18h

Entrée libre

Avec le concours financier de la commune de Châtillon