Louise Barbu

L'étendue de la pensée

L'utopie apprivoisée

 

Faut-il recourir aux mots face aux peintures de Louise Barbu ? L'analyse ne nous est de guère utilité. Il serait vain de vouloir identifier ces formes voluptueuses en constants rebonds dans un jeu rythmique soumis aux courbes ondulantes et aux arêtes cassantes. Songe floral, rêve cosmique, matrice originelle? Il y a bien les titres donnés par le peintre. Mystérieux et éloquents. Conjonction de natures, Le cri silencieux du carré blanc, l'Etendue de la pensée constituent cette Géographie insoumise dont Louise Barbu décline les rencontres formelles dans des territoires balisés par l'espace, la lumière et le temps.

Un cheminement quasi chorégraphique qui la met à l'écoute du mystère pictural. La présence du dessin géniteur se complète depuis quelque temps d'un carré qui traverse la forme. Apparition et illusion pour une vision mouvante, dont les tensions se lisent dans des accords contrastés, à la fois sonores et silencieux.

La vie bruit de ces images délimitées par un graphisme fermé dans lesquelles la couleur, à la fois ligne, détient ce pouvoir magique de condensation lumineuse. Un imperceptible glissement, une vibration affleurent à la surface lentement travaillée de plusieurs couches d'une même couleur et mûrissent le dialogue irréel que nous allons entreprendre avec la vie.

Car c'est la volupté de la vie que peint Louise Barbu, son énergie exprimée par ces corps prêts à dilater leur enveloppe quasi charnelle.

En exploitant de subtils dégradés de noir, de blanc, de jaune, de rouge, de vert, elle guette ces apparitions aux possibles rétractions, piège leur mouvement intuitivement cerné dans la transparence de leur émergence.

Louise Barbu atteint à un constant équilibre malgré les ruptures apparentes. Les errances reviennent à leur point de départ. La ligne et la couleur, liées à la lumière, écrivent un territoire que nous décryptons avec bonheur jusqu'à nous le rendre familier. Ces éléments en apesanteur sont des utopies qui réinventent le monde de la peinture.

 

 

Lydia Harambourg

Historienne Critique d’art

Mars 2004

Exposition

24.04 - 23.05.2004

Maison des Arts

11 rue de Bagneux

92320 Châtillon

01 40 84 97 11

maisondesarts@chatillon92.fr

Ouvert du mardi au dimanche de 14h à 18h

Entrée libre

Avec le concours financier de la commune de Châtillon