4 sculpteurs contemporains

Albert Féraud, Agueda Lozano, Claude Abeille, Paul de Pignol

Exposition

05.10 - 27.11.2011

La présence de quatre sculpteurs à Châtillon démontre la vitalité d’un art qui demeure le plus social d’entre tous. Sa création est sans limites et sa participation à notre vie quotidienne ne peut être que régénératrice des relations humaines.

Ancrée dans l’héritage d’un métier pérenne, elle s’est renouvelée au fil des temps en expérimentant des matériaux et des techniques pour un langage d’aujourd’hui qui réponde à nos interrogations et à nos désirs.

 

Albert Féraud, disparu en 2008, est un des pionniers de la sculpture en inox après 1945. Abstraite, sa sculpture développe un enchevêtrement de formes lyriques à partir de plis, de torsions, de bourgeonnements dont les rythmes intuitifs entre vides et pleins sont l’expression d’une inventivité au service d’une constante liberté. Chez l’artiste, le hasard appelle l’ordre. D’essence baroque, sa sculpture porte sa monumentalité dont l’énergie dispense une plénitude organique et un élan fraternel.

 

Agueda Lozano d’origine mexicaine, travaille en France depuis les années soixante. Elle a choisi elle aussi l’inox pour des volumes appropriés à une géométrie sobre dont les formes planes, courbes et enroulées, dialoguent avec la lumière dans l’espace.

 

Claude Abeille travaille le plâtre, ultérieurement fondu, et plus récemment les résines. Sculpteurs de formes, il crée une humanité dont l’enveloppe vestimentaire substituée au corps vaut comme métaphore de l’inquiétude existentielle à partir des plis gonflés ou apaisés d’un manteau, d’une veste, dépouilles qui expriment le mystère de l’être. Si le plâtre se prête à l’évanouissement de la forme corporelle, il approfondit sa liberté formelle avec les résines polychromes pour un nouvel élan vital avec ses danseurs dont la prestesse des attitudes le dispute au déséquilibre feint, et desquels l’humour et la poésie ne sont jamais absents.

 

Paul de Pignol a élu la cire directe destinée à la fonte de bronzes. Ductile, sensuelle elle lui permet de dessiner dans la masse pour une approche intuitive du réel. Les formes gonflées, bourgeonnantes de ses Vénus callipyges, de ses Gaïa sont soulevées par l’énergie originelle. Entre normalité et monstruosité, ses déesses mères symbolisent une féminité matricielle. Elles revendiquent une beauté ontologique, secrète proche de la pulsion souterraine dont ses bronzes gardent l’empreinte érodée, tuméfiée, dans l’attente de leur éternité.

 

Lydia Harambourg

Commissaire d’exposition

Historienne Critique d’art

Membre correspondant de l’Institut, Académie des Beaux-Arts

Maison des Arts

11 rue de Bagneux

92320 Châtillon

01 40 84 97 11

maisondesarts@chatillon92.fr

Ouvert du mardi au dimanche de 14h à 18h

Entrée libre

Avec le concours financier de la commune de Châtillon